Accueil > Récits de voyage > journal de voyage
   
 

 
Cambodge - Angkor


de Jean Pierre, 04-01-2008

Splendeur d'Angkor et retour à Phnom Penh


Après un solide petit déjeuner de lendemain de Noël, nous partons donc en touk touk vers Angkor.
Premier arrêt obligatoire, le check point où nous achetons un pass de trois jours (40 dollars par personne), puis enfin, après quelques minutes, nous arrivons sur le site.
Je dois pour vous amis lecteurs qui avez la faiblesse de nous consacrer un peu de temps, préciser que je n’imaginais pas l’étendue d’Angkor ni le nombre de temples qui y avaient été bâtis au cours des siècles.
Aussi, sans vouloir être trop pédant, quelques précisions s’imposent qui m’ont été personnellement très utiles.
En fait l’empire khmer a été fondé au début du IXe siècle par Jayavarman II qui a donné le coup d’envoi à trois siècles d'apogée de l'architecture khmère.
Le premier temple-montagne, hindouiste, a été construit en 881 au Bakong, puis ensuite, au fil des royautés qui se succédèrent, de nombreux temples furent édifiés dont les plus célèbres sont le Phnom Bakheng (vers 900), le Mébon oriental au centre du bārāy oriental, le Prè Rup (vers 960), le Baphuon vers 1060. Enfin c’est Sūryavarman II qui a édifié Angkor Vat vers 1130.
Après que le bouddhisme mahāyāna ait été établi comme religion officielle, les constructions prennent de l'ampleur avec l'enceinte d'Angkor Thom et le Bayon, puis le Ta Prohm, le Preah Khan et leurs tours ornées de gigantesques visages du Bouddha souriant sont construits successivement pendant le XIIe siècle.
Le déclin du royaume Khmer sera rapide, son territoire rétréci par la sécession des Thaïs et ravagé par des guerres incessantes avec ceux-ci qui avaient créé le royaume du Siam et les Chams.
Angkor sera définitivement abandonnée comme capitale vers 1431.

Je n’ai pas la prétention de faire un compte rendu exhaustif de nos visites, il y a d’excellents guides pour cela, mais nous avons particulièrement aimé le Bayon que nous avons visité le matin du premier jour, à l'ombre des tours portant de gigantesques figures au sourire immuable sur lesquelles sont représentées des scènes de la vie de jadis. Sur plusieurs niveaux, le monde des dieux surmonte celui des rois et, au-dessous, celui du peuple. Sur ce même site d’Angkor Thom, la magnifique terrasse du roi lépreux avec, sur le coté, une tranchée étroite et longue et une quantité de sculptures superbes et bien conservée, représentant des Apsaras, des génies et des monstres, quantité de divinités, d'une surprenante fraîcheur et beauté.
Très intéressante aussi la découverte du Ta Phrom où la végétation luxuriante l’emporte avec des lianes et des arbres qui poussent sur ou entre les pierres. Cette visite aurait été magique si nous n’étions pas tombés sur des hordes de touristes coréens, japonais et chinois, défilant en file indienne ininterrompue devant toutes les beautés su temple.
Nous devions visiter Angkor Vat en fin d’après midi, de façon à pouvoir bénéficier du célèbre coucher de soleil. Mais, devant l’invasion programmée, nous changeons nos plans et décidons de visiter le joyau pendant le temps de midi et en début d’après-midi, quand le soleil tape le plus fort, mais surtout quand les touristes regagnent leurs hôtels pour s’y restaurer.
Sage décision puisque quand notre touk touk nous dépose au début de la magnifique allée qui mène au temple, il n’y a personne.
Nous avons donc eu Angkor Vat pour nous seuls, ou presque.

Que dire de ce temple qui dépasse en beauté tout ce que j’avais vu auparavant ? Il me faudrait des heures, alors que l’essentiel est intérieur. Comme les grandes douleurs, la contemplation de la beauté absolue est souvent muette. La notre le fut. Mais d’écrire ceci aujourd’hui, après quelques jours, me donne encore des frissons.

Quelqu’un a dit un jour d’Angkor Vat que ce lieu symbolisait les sommets où se plaisent les dieux et les monarques, je crois que c’est vrai.

Et puis, dans ce site immense qui est le plus grand parc archéologique du monde, nous nous sommes longuement promenés le long des allées, découvrant au détour de nos chemins un temple, un mur ou une statue. Astrid a pris des centaines de photos, mais parfois je la surprenais immobile et silencieuse, comme en méditation devant les merveilles qui s’offraient à nous.

Le touk touk nous ramenait à l’hôtel épuisés mais ravis, et là commençait une autre vie. Après un bain réparateur dans la piscine, Astrid nous posait une question dont l’importance n’échappera à personne : où mangeons-nous ?
Forte des recommandations du guide du routard et de Lonely Planet, nous entreprîmes avec une conscience quasi professionnelle, de découvrir toutes les bonnes adresses. Nous fumes parfois un peu déçu, mais souvent enthousiastes tant la nourriture cambodgienne est raffinée. Je vous conseille en particulier l’amok, plat traditionnel de poisson cuit à la vapeur avec citronnelle, galangal (gingembre), échalotte, feuilles de kaffir et surtout mélangé au lait de coco avec en plus piment et basilic. Un vrai délice !

Le seul ennui avec les cambodgiens est que le service est parfois assoupi et que l’on ne sait jamais au bout de combien de temps on va commencer à manger, ni avec qui…puisque les plats arrivent souvent l’un après l’autre. A ce jeu, c’est Astrid qui est arrivée largement en tête, la pauvre ayant du à plusieurs reprises nous regarder manger en attendant parfois un plat …qui n’est jamais venu comme au Khmer Kitchen, restaurant pourtant réputé et qui revendique la fierté d’avoir un jour eu Mick Jagger comme client. Autre souvenir marquant, Brigitte rencontrant sur le chemin des toilettes un vivier à ciel ouvert grouillant de crocodiles de bonne taille…qui figurent d’ailleurs souvent au menu des restaurants locaux.

Mais déjà, après cinq jours mémorables, il fallait envisager le retour sur Phnom Penh.
En bonne routarde Astrid refusa l’avion et opta pour un trajet en bus.
Je dois avouer que, pour ma femme et moi, c’était une première que de voyager ainsi pendant plus de cinq heures, dans un bus archi comble où nous étions pratiquement les seuls européens, un autre couple nous ayant abandonné en cours de route.

Lors d’un arrêt pour « commodités », nous avons été assaillis par des vendeurs ambulants qui nous proposèrent ce qui ressemblait à de délicieuses et odorantes amandes grillées. Mais ayant chaussé mes lunettes, prudence oblige, je me suis rendu compte que c’étaient des sauterelles, tout aussi grillées mais, même pour un mangeur de grenouilles, au-dessus de mes capacités digestives.

Arrivés à Phnom Penh, des enfants en haillons par dizaines, souvent pieds nus vadrouillent, mendient quelques riels, ou se proposent de cirer nos souliers. Ils sont touchants, beaux, sales et souvent timides. Nous sommes prêts à fondre, mais Astrid nous recommande avec « diplomatie » (vous connaissez Astrid), de nous abstenir de toute charité déplacée.

La ville, porte aussi les stigmates de la guerre civile et du génocide effroyable des Khmers rouges, puis de l’occupation vietnamienne et des coups d’Etat et règlements de compte sanglants.

Nous n’avons pas voulu visiter la sinistre école devenue camp S21, mais le musée National de Phnom Penh, construit par les Français à partir de 1917, résume bien les conséquences, du moins culturelles, de ce qu’a enduré le peuple cambodgien. Ce musée expose des chefs-d’œuvre de l'art et de l'artisanat khmers, mais les murs suintent, la rouille est présente sur tous les éléments en fer, les collections sont parfois présentées sur de simples palettes. C’est un miracle absolu que ce musée qui avait été laissé à l’abandon, ait pu rouvrir. Mais si vous en avez l’occasion, il faut le voir absolument.

Nous avons visité également le Psar Thmey, magnifique marché couvert de style art-déco construit en 1937 par un architecte français et le marché russe où Astrid a déployé tous ses talents et son art de la négociation pour discuter les prix.
Je dois dire que voir ma fille se lancer dans le rituel cambodgien de la discussion des prix est un bonheur.
Pour elle tout se négocie si le prix de départ proposé, est "honnête" et pas, selon son expression, un prix foutage de gueule pour américain. Elle y met à vrai dire un certain talent. Tour à tour souriante (parfois), insistante (parfois), véhémente (souvent), elle arrive en général à ses fins, même si la remise qu’elle obtient est parfois symbolique.
En fait elle pourrait faire sienne cette devise : "plus on est de fous, moins y'a du riz"
(Confucius Tang, restaurateur, Paris XIIIème)

Et puis le temps des adieux est arrivé. Après un dernier repas au bord du Tonlé Sap, nous rejoignons l’hôtel pour une dernière nuit. Demain retour à Paris pour nous et pour Astrid direction le Viet Nam.





Commentaires sur cet article
christine
le temps est passé trop vite pour vous là bas et moi vous lire également.
vive les voyages ! vive l'aventure...
 

Ajouter votre commentairee
       
 
Retour aux autres articles du journal Imprimer cette page Envoyer cette page


Dernières actualités
21/09/2007 : Une face plus sombre du Népal
06/03/2008 : Dernieres heures avant le retour!
23/01/2008 : Nature et Aventures au Royaume du million d'elephants
04/01/2008 : Splendeurs du Cambodge…de Phnom Penh à Angkor
24/12/2007 : Bangkok, Koh Phi Phi et Chiang Mai
30/11/2007 : Breves nouvelles et anecdotes de voyage... pour patienter!
07/11/2007 : La pouilleuse de diamants
18/10/2007 : Si vous partiez 9 mois en Asie, dans votre sac... je leve le voile sur le contenu de mon agenda....
08/10/2007 : de Kathmandu a Kolkata par Sunauli
29/09/2007 : Helambu trek : pluie, sangsues, villages sherpas et Daal Bhaat
03/09/2007 : Suite et fin du recit du trek entre Ganden et Samye
29/08/2007 : Trek de Ganden a Samye
27/07/2007 : Mongolie, suite et fin par Christine
20/08/2007 : Randonnee au mont Emei
21/07/2007 : anecdotes et autres



Autres liens :

Tags

Angkor - temple - merveille - Splendeur d'Angkor et retour à Phnom Penh - Cambodge -
Offre d'emploi - Ajouter à vos favoris - Découvrez d'autres voyages - Créer un carnet de voyage
Copyright top-depart.com ©2002-2008 Tous droits réservés
- 1er prix - Vols par prix - Billets d'avion pas cher - Soutien Scolaire - Travel Blog - Forum voyage - Lonely Guide - Guide voyage